Parabole 3 – La maison bâtie sur le roc et celle bâtie sur le sable

maison-bergerMatthieu 7 : 24/27 : Quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. 25  La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. 26  Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. 27  La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande.

Le roc est symbole de solidité, de stabilité et de durabilité. A l’inverse le sable est symbole de fragilité et d’éphémère, surtout s’il est utilisé comme fondation d’une construction. La maison c’est notre vie, notre famille ou tout autre projet qui nous tient à cœur.

Dieu lui-même est comparé à un Rocher dans le livre du Deutéronome  (32 : 1/ 4) : « Terre ! Ecoute les paroles de ma bouche.2  Que mes instructions se répandent comme la pluie, Que ma parole tombe comme la rosée, Comme des ondées sur la verdure, Comme des gouttes d’eau sur l’herbe !3  Car je proclamerai le nom de l’Eternel. Rendez gloire à notre Dieu !4  Il est le rocher ; ses œuvres sont parfaites, Car toutes ses voies sont justes ; C’est un Dieu fidèle et sans iniquité, Il est juste et droit. »

 Dieu est fiable, fidèle à sa Parole : « Dieu n’est pas un homme, il ne ment pas. Il n’est pas un être humain, il ne change pas d’avis. Quand il dit quelque chose, il le réalise, quand il fait une promesse, il la tient. » (Nombres 23 : 19). Jésus dit : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Matthieu 24 : 35).

Dans le Psaume 18 v.3 David s’adresse à Dieu en ces termes : « Eternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur ! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri ! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite ! » Dieu est pour lui un refuge.

Le prophète Esaïe (26 : 4) nous exhorte : « Confiez-vous en l’Eternel à perpétuité, Car l’Eternel, l’Eternel est le rocher des siècles. » …C’est-à-dire qu’Il ne change pas, de même que Jésus-Christ qui « est le même hier aujourd’hui et éternellement » (Hébreux 13 : 8)

Voilà donc des bases solides pour notre foi.

L’apôtre Paul affirme à maintes reprises que c’est Jésus-Christ qui est le fondement de la foi chrétienne : « Selon le don que Dieu m’a accordé, j’ai travaillé comme un bon entrepreneur et posé les fondations. Maintenant, un autre bâtit dessus. Mais il faut que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit.11  Car les fondations sont déjà en place dans la personne de Jésus-Christ, et nul ne peut en poser d’autres. 12  Certains utiliseront de l’or, de l’argent ou des pierres précieuses pour bâtir sur ces fondations ; d’autres utiliseront du bois, du foin ou de la paille. 13  Mais la qualité de l’ouvrage de chacun sera clairement révélée au jour du Jugement. En effet, ce jour se manifestera par le feu, et le feu éprouvera l’ouvrage de chacun pour montrer ce qu’il vaut. 14  Si quelqu’un a édifié un ouvrage qui résiste au feu, il recevra une récompense. 15  Par contre, si l’ouvrage est brûlé, son auteur perdra la récompense ; cependant lui-même sera sauvé, mais comme s’il avait passé à travers les flammes d’un incendie. » (I Corinthiens 3 :  10/15).

Ce passage a un écho particulier pour moi puisque que c’est celui que le pasteur avait choisi pour la cérémonie de notre mariage ! Plus d’un demi-siècle a passé mais ces paroles résonnent encore à mes oreilles comme si c’était hier ! L’interpellation était claire : Sur quelle base voulez-vous construire votre foyer, votre famille, et avec quels matériaux ?… Trop de foyers en effet se fondent sur la seule base des sentiments amoureux et du désir d’être heureux, plutôt que celui de rendre l’autre heureux dans un attachement indéfectible, ce qui explique leur fragilité.

Dans l’image employée par Paul dans ce passage, le roc est remplacé par les pierres précieuses, le sable par le bois le foin et le chaume, la maison devient ‘’les œuvres de chacun’’ et la tempête -que l’on pourrait interpréter dans la première image comme étant les épreuves de la vie- devient ici le feu du jugement de Dieu ! Mais la pensée reste la même : c’est le défi de construire du durable qui résistera à tout, sur du solide et éternel !

Cette parabole de la maison bâtie sur le roc et celle bâtie sur le sable vient en conclusion du grand ‘’sermon sur la montagne’’ de Jésus où Il met en garde contre la duplicité de ceux dont la vie de correspond pas à leur belle apparence ou à leurs paroles. C’est bien le sens de ses avertissements qui introduisent la parabole : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22  Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? 23  Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. 24  C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc ». (Matthieu 7 : 21/29)

A plusieurs reprises dans les évangiles Jésus dénonce la légèreté et l’hypocrisie des chefs religieux de son temps ‘’qui disent et ne font pas’’ ; Jésus leur dit : «  Vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. 28  Vous de même, au-dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au-dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. » (Matthieu 23 : 3 – 27/28). Les deux maisons de la parabole peuvent avoir la même belle apparence trompeuse, mais le Seigneur qui voit dans le secret des cœurs et des vies ne s’y trompe pas. « Il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour. 18  Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez » dit-il par ailleurs dans l’évangile de Luc (8 : 17/18). Par ses paroles il dénonce les faux dévots, les ‘’Tartuffe’’ de son temps et de tous les temps.

Cette recommandation de mettre en pratique de la Parole de Dieu était déjà présente dans de nombreux passages de la thora et des prophètes : « Moïse convoqua tout Israël, et leur dit : Ecoute, Israël, les lois et les ordonnances que je vous fais entendre aujourd’hui. Apprenez-les, et mettez-les soigneusement en pratique. » (Deutéronome 5 : 1).

L’apôtre Jacques qui insiste sur l’importance des œuvres qui témoignent de l’authenticité de notre foi, a le même message : « Accueillez avec humilité la parole que Dieu plante dans votre cœur, car elle a le pouvoir de vous sauver. 22  Ne vous faites pas des illusions sur vous-mêmes en vous contentant d’écouter la parole de Dieu ; mettez-la réellement en pratique. 23  Car celui qui écoute la parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui se regarde dans un miroir et se voit tel qu’il est. 24  Après s’être regardé, il s’en va et oublie aussitôt comment il est. 25  En revanche, il y a celui qui examine attentivement la loi parfaite qui nous procure la liberté, et il s’y attache fidèlement ; il ne se contente pas de l’écouter pour l’oublier ensuite, mais il la met en pratique. Eh bien, celui-là sera béni dans tout ce qu’il fait. » (1 : 21/25). D’autres traductions disent : Il sera heureux dans tout ce qu’il fera. Quelle belle promesse pour les disciples, devenus enfants de lumière, qui ajustent leur vie à l’enseignement du maître !

La cohérence entre notre foi et notre vie témoigne de notre intégrité. C’est cette intégrité qui donne un fondement solide à notre crédibilité et à notre autorité morale et spirituelle. Ce que nous vivons crie plus fort que ce que nous disons ! Jésus a toujours vécu ce qu’il disait, c’est ce qui explique les derniers mots du passage de Matthieu 7 : « 28 Quand Jésus eut fini de prononcer ces paroles, les foules restèrent frappées par son enseignement, 29  car il enseignait avec autorité, et non comme leurs spécialistes de la loi ».

L’évangile de Luc (6 : 47/48) ajoute une parole de Jésus qui ne se trouve pas dans le récit de Matthieu : « Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles, et les met en pratique. 48  Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profondément, et a posé le fondement sur le roc. » Cette démarche de creuser profondément avant de construire nous parle de l’importance de nous interroger, de réfléchir et de vérifier s’il y a cohérence entre notre vie et notre foi, si nous bâtissons du durable sur du solide.

Le Seigneur sollicite d’abord notre volonté d’obéir, et Il nous promet de nous aider par la force de son Esprit en nous : «   Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. 27  Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. » (Ezéchiel 36 : 26/27).

Accueillons avec humilité la parole que Dieu veut planter dans notre cœur, car elle a le pouvoir de nous sauver. Prions : « Seigneur, pardonne ma légèreté et ma folie, et viens m’aider à bâtir désormais ma vie avec toi en comptant sur ton aide et tes promesses. » Amen.


Philippe André, Pasteur à la retraite, intervient dans des émissions sur Radio RCF Nièvre. Il nous propose un cycle sur les paraboles de Jésus. Si vous souhaitez acheter le CD audio de l’émission, contactez-le sur cette page.

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